Quarante-deux | Vulnérabilitté
Ou la véritable force ?
La semaine dernière, on parlait de présence. De ce retour à soi, encore et encore, comme le plus bel acte d'amour. As-tu pu revenir à toi ? N'hésite pas à me le dire en répondant à ce mail. Je lis et réponds à tout.
Aujourd'hui, on continue ce voyage vers un endroit que beaucoup évitent, parce qu'il fait peur et parce qu'on nous a appris que c'était dangereux d'y aller : la vulnérabilité.
Et si on enlevait nos masques pour voir ce qu’il se passait ? Car on nous a menti sur la vulnérabilité.
On a toujours entendu que c’était une faiblesse, un manque de contrôle, quelque chose à cacher, à compenser, à surmonter le plus vite possible.
On nous a appris à sourire quand ça allait mal, à dire “ça va” par réflexe, à présenter une version lisse et solide de nous-mêmes — parfois aussi à nous-mêmes !
Alors on a construit des masques : le masque de celui ou celle qui gère, de celui ou celle qui n’a pas besoin d’aide. De celui ou celle qui a tout compris, ou presque.
Et ces masques ont fonctionné. Ils nous ont protégé(e), à un moment donné. Il ne s’agit donc pas de les condamner. Mais ne seraient-ils pas périmés, en dissonance avec la version que tu veux être désormais ?
Ce que la vulnérabilité n’est pas
Non, la vulnérabilité, ce n’est pas s’effondrer. Ce n’est pas non plus tout dire à tout le monde. La vulnérabilité, ce n’est pas perdre pied. Ni se montrer en pleine souffrance pour attendrir ou pour être compris(e).
Être vulnérable n’est pas non plus une performance. Bien qu’on voit beaucoup de ça aujourd’hui — la vulnérabilité mise en scène, calibrée, packagée pour les réseaux sociaux. Non, ce n’est pas de ça dont on parle.
La vulnérabilité est quelque chose de beaucoup plus discret et plus courageux. C’est accepter d’être vu tel que l’on est — avec nos doutes, nos parts d’ombre, les choses qu’on ne sait pas encore.
C’est dire “je ne sais pas” quand on ne sait pas. C’est admettre qu’on a besoin d’aide avant d’être à bout. C’est laisser quelqu’un nous toucher vraiment, au lieu de rester derrière la vitre.
Être vulnérable, c’est oser exister sans armure — même juste un moment, même juste avec une personne, et surtout avec soi-même.
Si c’était dans notre vulnérabilité qu’on puisait notre force ?
Brené Brown, chercheuse qui a consacré des années à étudier la vulnérabilité, dit quelque chose de profondément juste : la vulnérabilité est le berceau de tout ce qui nous tient à cœur. La créativité, l’amour, l’appartenance, la joie — tout ça naît dans cet espace où on accepte de ne pas contrôler l’issue.
Parce que le contraire de la vulnérabilité n’est pas la force, mais la fermeture. Et une personne fermée — même brillante, même accomplie, même souriante — est une personne qui ne se laisse plus traverser par la vie.
La Minute Matcha d’hier t’invitait à regarder ces masques en face. Aujourd’hui, tu peux faire un mouvement de plus : les reconnaître, doucement, sans honte.
Car la véritable force n’est pas de ne jamais trembler. C’est au contraire de trembler et d’avancer quand même. C’est de se montrer imparfait et de rester présent. C’est de dire “j’ai peur” ou “j’ai besoin” ou “je ne sais plus” — et de découvrir que le monde ne s’effondre pas. Que les bonnes personnes restent et que quelque chose en toi se détend enfin.
Une légèreté nouvelle s’invite quand on enlève un masque. Pas le chaos qu’on redoutait. Plutôt un soulagement, comme si une partie de nous respirait enfin.
Ta vulnérabilité et les autres
Ce qu’on oublie aussi, c’est que nos masques ne protègent pas seulement notre image. Les masques nous protègent aussi des autres, nous enferment dans une prison qui empêche les autres de nous rejoindre. En gros, ils empêchent le lien.
Les relations les plus profondes, les plus nourrissantes et les plus vraies ne se construisent pas dans la perfection, mais dans les failles partagées. Dans les moments où l’on s’aperçoit qu’on a traversé la même chose.
En retour, se montrer vulnérable revient à donner la permission à l’autre d’être humain aussi. C’est créer un espace où la vraie rencontre devient possible. C’est choisir la profondeur plutôt que la surface.
Et tout ça, c’est tout sauf une faiblesse.
Quel masque portes-tu depuis si longtemps que tu as presque oublié qu’il était là ? Et surtout, quel masque as-tu enfin envie d’ôter ?
💚 Se démasquer enfin
Cette semaine, choisis un espace sûr — ton journal, une conversation avec quelqu’un de confiance, ou simplement le silence avec toi-même — et pose-toi cette question honnêtement : « Où est-ce que je joue un rôle en ce moment ? Où est-ce que je ne me montre pas vraiment tel que j’ai envie d’être ? »
Pas pour te juger. Pas non plus pour tout changer d’un coup. Mais pour observer, nommer, et accepter.
Parce que nommer un masque, c’est déjà commencer le mouvement pour l’enlever. Pour te permettre d’être dans ta vulnérabilité, dans ta vérité.
Si ce numéro t'a touchée, si tu as reconnu ce masque que tu portes depuis trop longtemps, sache que c'est le cœur de ce qu'on explore dans l’espace Matcha. Un endroit pour reconnecter à ta vérité, à tes besoins et à ta beauté. Pour retirer enfin les protections et les masques.
« Ce qui nous rend fragiles est aussi ce qui nous rend beaux. » — Khalil Gibran, poète libano-américain.
Merci d’avoir honoré notre rendez-vous hebdo en terre intérieure. Le matcha refroidit, mais quelque chose en toi reste au chaud.
Je te dis à lundi prochain pour la prochaine gorgée.
⇝ Si tu me découvres aujourd’hui, enchantée ! Je suis rédactrice web et guide de voyage intérieur. C’est par là si tu veux en savoir plus sur moi et/ou consulter les numéros précédents.



Petit j’avais l’impression d’être trop vulnérable et je me sentais incapable de porter des masques.
En grandissant ça a été différent évidemment, mais je remarque que l’entourage est fondamental pour pouvoir exprimer sa vulnérabilité. Car si, comme tu l’as dit, elle permet aux autres d’exprimer la leur, elle peut aussi les rendre terriblement mal à l’aise